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Posté le 20-07-2026,
par Étude Laroche & Associés, Notaires à Melun, Paris et Sénart.
dans la catégorie Immobilier
La loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique modifie profondément l'équilibre des relations entre bailleurs et locataires commerciaux.
Si son objectif affiché est la simplification, certaines de ses dispositions réduisent considérablement les garanties dont disposaient jusqu'à présent les propriétaires.
Dans ce nouveau contexte, une conclusion s'impose : l'acte notarié n'est plus un simple choix de sécurité. Il devient un véritable outil de protection patrimoniale.
Des garanties désormais fortement limitées
L'article 62 de la loi modifie l'article L.145-40 du Code de commerce.
Deux changements majeurs concernent les locaux destinés aux activités commerciales, artisanales et de services.
1. Les garanties sont plafonnées
Toutes les sûretés et garanties demandées au locataire (dépôt de garantie, caution, garantie autonome, nantissement, etc.) sont désormais limitées à l'équivalent de trois mois de loyers.
Pour de nombreux bailleurs, cette protection apparaît particulièrement réduite face aux risques d'impayés ou de défaillance du locataire.
2. Les garanties disparaissent en cas de vente de l'immeuble
La réforme prévoit également qu'en cas de cession de l'immeuble, les garanties consenties au bailleur deviennent caduques.
Autrement dit, l'acquéreur récupère le bail... mais pas les sûretés qui l'accompagnaient.
Cette disposition constitue une évolution majeure pour les investisseurs, foncières et propriétaires d'immeubles commerciaux.
Une conséquence pratique immédiate
Lorsque les garanties disparaissent ou deviennent insuffisantes, le bailleur redevient un créancier ordinaire.
En cas d'impayés, il devra agir rapidement pour préserver ses droits.
C'est précisément dans cette situation que l'acte authentique prend toute sa valeur.
L'acte notarié change complètement la donne
Le bail reçu par un notaire constitue un titre exécutoire.
Concrètement, il permet notamment :
d'engager directement certaines mesures d'exécution sans devoir obtenir au préalable une décision judiciaire ;
de mettre en œuvre beaucoup plus rapidement les procédures de recouvrement ;
de solliciter des mesures conservatoires ou des sûretés judiciaires lorsque les conditions légales sont réunies.
Dans un contexte où les garanties contractuelles sont fortement réduites, cette efficacité procédurale devient un avantage décisif.
Et si le bail est déjà signé ?
Tout n'est pas perdu.
Un bail établi sous signature privée peut encore être porté à la forme authentique :
par son dépôt au rang des minutes avec reconnaissance d'écritures et de signatures ;
ou par une réitération devant notaire.
Cette intervention permet également au notaire d'exercer pleinement son devoir de conseil et de vérifier la conformité des clauses du bail.
Ce qu'il faut retenir
La réforme ne supprime pas seulement certaines garanties.
Elle modifie la stratégie de sécurisation des baux commerciaux.
Pour les bailleurs, investisseurs et professionnels de l'immobilier commercial, la question n'est donc plus seulement celle des garanties demandées au locataire.
Elle devient celle de la force juridique du bail lui-même.
Dans ce nouveau paysage, l'acte authentique apparaît comme la solution la plus efficace pour sécuriser durablement les intérêts du propriétaire.
Référence officielle : consultez le texte de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 de simplification de la vie économique sur Légifrance : Loi n° 2026-403 du 26 mai 2026. Les principales modifications relatives aux baux commerciaux figurent notamment à l'article 62.